Tu es un policier, Harry
À cette heure, il existe peut-être plus de séries policières sur les plateformes de SVoD que d’humains sur cette Terre. Et pourtant, le combat de géants comme Netflix continue pour égaler bientôt le nombre d’étoiles dans l’univers. Harry Hole est le dernier ajout en date à cette impressionnante collection, option polar nordique plutôt qu’américain, car la cote de ce genre à l’exotisme marketing ne semble pas faiblir depuis son explosion avec la saga Millenium dans les années 2000.
Malheureusement, le niveau n’est pas toujours comparable à celui du modèle. En l’occurrence, dans le cas de cette adaptation, la provenance du texte et des personnages n’influence que très peu l’atmosphère et la narration. Ce qui ne serait pas un problème en soi si, au fil du visionnage, le spectateur ne cherchait pas avidement le moindre petit élément d’originalité qui conférerait à Harry Hole un semblant de personnalité.

Jo n’est pas si bête
Pour autant, l’intrigue n’en devient pas passionnante, et l’esquive systématique de la question de la psychologie des personnages et de leur passé trouble se fait étonnamment frustrante, alors que ces éléments auraient permis d’apporter un peu de chair sur l’os d’une histoire pétrie de clichés. Par moments, toutefois, Harry Hole bénéficie de sursauts d’intelligence visuelle qui offrent quelques branches auxquelles se raccrocher, et un petit répit de qualité dans un ensemble inodore.

L’ennui Harry’s style
Dans le cas d’une série comme Harry Hole, l’ensemble repose tellement sur l’interprète principal que toute la teneur en aurait pu en être changée si le héros avait été incarné avec plus de conviction. Pas que Tobias Santelmann soit particulièrement mauvais, bien sûr, mais en complément de son manque de charisme, il semblerait que la seule indication de jeu qu’il lui ait été donnée (pour n’importe quelle situation et n’importe quelle émotion) ait été : “prends l’air de te faire chier comme si on te forçait à regarder l’intégrale de Des Chiffres et des Lettres avec une mauvaise connexion, ça fera ténèbres”.
Malheureusement, la lassitude empesée qui assombrit le visage du personnage à tout instant s’avère très communicative et contagieuse, d’autant plus qu’il n’est donné accès à presque aucune de ses émotions qui pourraient aider à le trouver attachant, en dehors de son rapport très téléphonique avec son beau-fils.






