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Basque Country: Dissatisfied with Sacem, they create a collective for better music rights management

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Son nom de scène : « EREINez ». Un jeu de mots basco-français, qui en dit beaucoup sur la démarche. Le trait d’esprit a jailli du chapeau, ou plutôt du béret, de Beñat Elizondo, le tenancier de l’auberge de Béhobie. L’une des façons de le traduire est « ça sème, non ». Par extension : « Sacem non ». Voilà plusieurs années que l’homme de 67 ans s’oppose frontalement à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Elle lui demande de payer des droits d’auteur, il lui reproche une opacité dans la rétribution des artistes locaux.

Condamné par la justice à payer près de 9 000 euros pour les non-versements sur la période 2019-2024, Beñat Elizondo a continué à défier les institutions françaises, refusant de s’acquitter de la somme. Un « combat politique », finalement perdu par KO financier : « Ils ont fait appel à un huissier, qui a vidé le compte du Xaia le 14 janvier. On m’a pris les deux tiers du montant réclamé, 5 300 euros. Normalement, ils ont obligation d’avertir avant. Je n’ai été averti que le 16 », fulmine-t-il.

Ils ont fait appel à un huissier, qui a vidé le compte du Xaia le 14 janvier

Questions sans réponses

La bataille menée par le frondeur a éveillé les consciences et fait germer dans les têtes l’idée de ce groupe. Pour autant, ce dernier n’a pas vocation à poursuivre un duel à mort avec la Sacem. « EREINez peut aussi se traduire par ‘en semant’ », lui préfère Pantxix Bidart, premier président de l’association. Il s’agit d’abord de récolter des réponses à des questions, toujours en suspens selon eux, auprès de l’instance de cueillette : « Comment se partage l’argent ? Sur quels critères ? Quelle est la place de la musique basque dans cette distribution ? », égrène-t-il, reprenant le chiffre de 11,3 millions d’euros collecté en 2024 par la Sacem d’Anglet, qui rayonne sur les départements 64, 40 et 65.

Comment se partage l’argent ? Sur quels critères ? Quelle est la place de la musique basque dans cette distribution ?

La nouvelle plateforme réfléchit en parallèle à une alternative. Au Pays basque espagnol, une entité nommée Ekki s’est autonomisée de la Sgae, l’équivalent espagnol de la Sacem. Un modèle à étudier et pourquoi pas à rallier. « Ils sont très intéressés par notre travail », souligne Mattin Laaksonen, coordinateur d’EREINez.

L’association du nord de la Bidassoa ne compte pour l’instant qu’une dizaine d’adhérents, mais elle revendique déjà beaucoup de soutiens dans le milieu de la musique basque, d’Anje Duhalde à Xutik, en passant par Odei Barroso ou Erramun Martikorena. Des cafetiers pourraient aussi rejoindre le mouvement, si l’on en croit Xina, patron des Pyrénées à Bayonne, présent ce mardi. C’est l’effet boule de neige recherché.