Avec Las corrientes, la réalisatrice argentine Milagros Mumenthaler confirme la singularité de son cinéma, déjà remarquée avec Abrir puertas y ventanas. Elle signe ici une œuvre délicate et sensorielle, à la croisée du portrait intime et de la chronique générationnelle, où les émotions circulent comme des courants invisibles entre les êtres. Le film suit une jeune femme en transition, traversée par des questionnements intimes liés à l’amour, à la solitude et au rapport au monde. Dans un récit fragmenté, fait de rencontres, de silences et de déplacements, Las corrientes privilégie l’expérience sensible à la narration classique. Il s’agit moins de raconter une histoire que de capter un état, une dérive intérieure. Milagros Mumenthaler adopte une mise en scène épurée, attentive aux gestes, aux regards et aux rythmes du quotidien. La caméra, proche des corps, capte l’infime : un frémissement, une hésitation, une distance. Cette approche naturaliste donne au film une dimension presque tactile, renforcée par un travail subtil sur le son et la lumière. Sans jamais surligner son propos, Las corrientes explore les zones floues de l’existence, ces moments de flottement où l’on ne sait plus très bien où l’on va, mais où quelque chose, malgré tout, circule et transforme. Le film demande une disponibilité particulière au spectateur, mais offre en retour une expérience intime et profondément incarnée. Avec ce nouveau long-métrage, Milagros Mumenthaler s’inscrit dans la continuité d’un cinéma d’auteur exigeant et sensible, où l’essentiel se joue dans l’invisible. Las corrientes est une œuvre discrète mais habitée, qui touche par sa justesse et sa capacité à saisir les mouvements intérieurs de l’être. À découvrir en VOSTFR au Casino : mercredi 01/04 (19 h 30), vendredi 03/04 (17 h 30), samedi 04/04 (11 h), mardi 07/04 (18 h 30).





