Le moment Bouchez-Magnette
Vu le casting, nous nous sommes permis d’ajouter deux petites règles qui ont fait leurs preuves : un temps de parole chronométré pour l’équité et des micros coupés, en cas de dispute, pour la clarté. Résultat : les invités se sont bien comportés.
Il n’y a eu qu’un seul grand moment de tension: lorsque Paul Magnette a affirmé qu’il y aurait deux sauts d’index prochainement. Georges-Louis Bouchez et Yvan Veroughstraete ont hurlé au mensonge. Quelques secondes plus tard, le président du PS nuancé son propos en pointant des pertes pour plusieurs catégories de travailleurs. A part cette petite minute très tendue, tout fut clair et audible. La preuve qu’un débat d’idées entre des leaders politiques forts, c’est encore possible en Belgique.
Sacha Daout : “Les syndicats se sont désistés, Paul Magnette a décliné… Pour certains, débattre avec Georges-Louis Bouchez semble compliqué.”
Non, non rien n’a changé
Que retenir de ce débat? D’abord, nous restons impuissants face à des conflits comme celui au Moyen-Orient. On se retrouve les conséquences du début de guerre en Ukraine parce qu’on n’a pas retenu les leçons.
A-t-on avancé sur un plafonnement des prix? Non! A-t-on clarifié les conditions du cliquet inversé? Non! A-t-on changé quoi que ce soit pour le tarif social? Non! A-t-on instauré des mesures pérennes pour aider les indépendants à assumer les factures plus lourdes? Non! A-t-on découplé les prix du gaz et de l’électricité? Non!
Les finances avant les souffrances
Par contre, on crée des groupes de travail pour réfléchir à tout ça. C’est un des grands soucis de notre politique. On travaille sur un souci quand il se présente mais on ne bosse plus, après, pour éviter qu’il se reproduise.
Deux jours après le débat, le gouvernement décidait de ne rien décider. C’est une sorte de choix. Soulager un peu celles et ceux qui subissent durement les hausses de prix ou remplir les caisses de l’État? Pour l’instant, les finances passent avant les souffrances.
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