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Conflict in the Middle East

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(Téhéran) L’Iran a accusé dimanche les États-Unis de planifier “secrètement” une offensive terrestre, au moment où la guerre entre dans son deuxième mois et touche même les universités.

Publié à

Mis à jour à

par les bureaux de l’AFP à Téhéran, Jérusalem, Dubaï, Bagdad, Beyrouth et Washington
Agence France-Presse

Ce conflit, déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne contre Téhéran, ne montre aucun signe d’apaisement.

Israël a annoncé avoir frappé un site de production de missiles en Iran avant de lancer de nouvelles salves dans la soirée contre diverses cibles, tout en signalant un “impact de débris de missile” dans un complexe industriel du sud du pays.

À Téhéran, une série d’explosions, dont une très puissante, ont été entendues, selon un journaliste de l’AFP, et le ministère de l’Énergie a signalé des coupures de courant dans la capitale après des “attaques” contre des installations électriques.

Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique, ont quant à eux menacé de frapper les universités américaines au Moyen-Orient, forçant certaines à passer temporairement aux cours en ligne.

Des troupes américaines au sol ?

Ce conflit, qui touche durement les populations civiles dans la région et ébranle l’économie mondiale, peut-il s’envenimer encore ?

Les spéculations vont bon train sur un possible déploiement de troupes américaines au sol en Iran. Donald Trump entretient lui-même une certaine ambiguïté sur cette possibilité.

D’après le Washington Post, qui cite des responsables anonymes, le Pentagone se prépare à des opérations terrestres de plusieurs semaines.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait écarté cette hypothèse vendredi, assurant que les “objectifs” de guerre de Washington pourraient être atteints sans l’envoi de troupes au sol.

Mais un navire américain d’assaut amphibie, à la tête d’un groupe naval comprenant “quelque 3500” marins et soldats du corps des Marines, est arrivé dans la région vendredi.

“L’ennemi envoie publiquement des messages de négociation et de dialogue, tout en planifiant secrètement une offensive terrestre”, a dénoncé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf

Avant d’avertir : “Nos hommes attendent l’arrivée des soldats américains sur le terrain pour les attaquer et punir une bonne fois pour toutes leurs alliés régionaux”.

Tractations en coulisses

Dans la région, les efforts diplomatiques se multiplient pour tenter de faire cesser les hostilités. Des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens ont commencé à se réunir dimanche à Islamabad pour des “discussions approfondies”, avant d’autres échanges prévus lundi.

L’Iran, qui riposte en frappant des intérêts américains et économiques dans le Golfe pour accroître le coût de la guerre, a cette fois ciblé deux des plus importantes fonderies d’aluminium du monde, au Bahreïn et aux Émirats.

Au Koweït, dix militaires koweïtiens ont été blessés dans une attaque contre un site des forces armées, selon un communiqué de l’armée.

Prochaine cible potentielle dans le viseur de Téhéran : les universités américaines au Moyen-Orient, en riposte aux frappes contre des établissements iraniens.

L’Université de technologie d’Ispahan, dans le centre de l’Iran, a notamment déclaré avoir été visée par une attaque américano-israélienne.

“Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles […], il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi”, ont assuré les Gardiens de la révolution.

Étendre la zone de sécurité

Après les menaces iraniennes, l’Université américaine de Beyrouth (AUB) a annoncé que ses cours seraient dispensés en ligne les deux prochains jours.

L’Université américaine de Madaba (AUM) en Jordanie a pris une décision similaire.

Depuis le début de la guerre, l’Iran bloque aussi le détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial, provoquant un choc énergétique majeur.

Cette crise énergétique pourrait encore être aggravée par l’entrée en guerre des rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, qui ont annoncé avoir mené deux attaques samedi contre Israël.

Depuis leurs positions stratégiques, ils ont la possibilité d’entraver la circulation du détroit de Bab-el-Mandeb, l’un des couloirs maritimes les plus empruntés au monde.

PHOTO 2026 PLANET LABS PBC, FOURNIE PAR REUTERS

Une image satellite montre le détroit de Bab-el-Mandeb au large des côtes du Yémen, le 27 février 2026.

Parallèlement au front iranien, Israël continue de mener des frappes au Liban.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a ordonné à l’armée d'”étendre la zone de sécurité” dans le sud du pays voisin, où elle combat le Hezbollah pro-iranien.