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Fitness and weight training on social media: Watch out for bad influences.

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Omniprésence des clichés?

Plusieurs études américaines et australiennes, entre autres, avaient également identifié des comportements problématiques de la part des créateurs de contenu fitness et musculation sur les réseaux. Cela va de la promotion des troubles alimentaires ou d’exercices excessifs à la sexualisation et au “body shaming” (NDLR. le dénigrement du corps) des internautes.

Du côté du CSA, rien de tel n’a été observé parmi l’échantillon sélectionné (10 créateurs de contenu, cinq hommes et cinq femmes). “On n’a pas retrouvé de propos qui incitent à des régimes très restrictifs ou à une pratique sportive démesurée”, confirme Emma Puma, la chercheuse derrière le rapport. “C’est globalement plutôt positif par rapport à ces autres études.”

Cela ne signifie pas pour autant que tous les contenus produits sont irréprochables. “Il y a une sorte d’omniprésence des clichés, notamment au niveau du genre”, avance la chercheuse. Elle observe “des physiques assez similaires”, avec le haut du corps plus développé chez les hommes, là où les fessiers et les cuisses sont particulièrement développés chez les femmes. Cela va aussi de pair avec un certain paradoxe. “Chez les créatrices, cette adhésion implicite aux idéaux corporels traditionnels coexiste avec un discours incitant au bien-être, à l’acceptation de soi et de son corps. Le message de bienveillance se trouve pris dans l’injonction à optimiser son corps”, selon certaines normes imposées, notamment par des clichés genrés.

Fitness et l’art du business

L’étude souligne aussi que “le corps prend évidemment une place particulièrement importante”. Ce n’est bien sûr pas surprenant. “C’est à la fois le sujet du contenu, mais leurs corps musclés vont aussi permettre de légitimer leurs conseils et leur expertise : le corps devient la preuve qu’avec les conseils et en achetant leurs programmes, on aura les mêmes résultats”, développe Emma Puma.

Car il y a tout un volet économique qui a son importance. L’étude met en lumière que sept des dix créateurs de contenu observés “commercialisent leur propre programme de sport ou proposent une offre de coaching personnalisée”. Et ce, alors même que la majorité (6/10) n’a pas de formation dans le domaine du sport. Et outre leur programme, la moitié des profils “collabore avec au moins une marque active dans le domaine du fitness et de la musculation”, principalement des vêtements ou des compléments alimentaires. Si l’aspect éthique peut être questionné, le CSA est surtout interpellé par le fait que “le contenu publicitaire est rarement identifié en tant que tel”.

L’influence fitness a donc de nombreux défauts. Si tout n’est pas à jeter et que peu de pratiques dangereuses ont été identifiées, il n’en reste pas moins important de rester lucide et critique face à des risques de dérive qui peuvent émerger.