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Children without screens in Greystones, Ireland

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C'est la directrice de l'école Saint-Patrick (elle s'appelle Rachel Hunter) qui a eu le déclic, quelques temps après la crise du COVID.À l'époque, l'enseignante sent davantage de fatigue, de stress parmi les gamins. Au sortir du confinement, marqué souvent par la place démesurée qu'ont pris les applis et réseaux sociaux.« Nous avons vu l'inquiétude, l'anxiété, raconte-t-elle dans la presse locale. On s'est demandé, qu'est-ce qu'on peut faire pour aider ces enfants ? »En 2023, Rachel Hunter lance l'idée d'un « pacte ». Il va sensiblement changer le quotidien de Greystones.

Dit comme ça et à l'échelle d'une ville de plus de 20 000 habitants, le projet peut sembler quelque peu ambitieux. Mais justement, c'est pour cela que Rachel Hunter parle de « pacte ». Et c'est ainsi qu'elle va sonder les autres écoles, les parents, les associations, les commerçants. Si tous les adultes se mettent d'accord, se serrent les coudes et tiennent bon, on peut y arriver, tous ensemble. Greystones est, paraît-il, réputée pour son sens aigu du collectif, de la communauté.
D'ailleurs, pour illustrer ce mouvement citoyen, Rachel Hunter a choisi un proverbe qu'on entend souvent par chez elle, « It takes a village », ou si vous préférez « il faut tout un village »… pour élever correctement un enfant. C'est le pacte. Pas besoin ici de « loi officielle », la démarche est volontaire.

Un bilan plutôt positif qui passionne en tous cas le monde entier. J'ai lu des papiers dans la presse allemande, suisse, américaine, jusqu'au New York Times, cette semaine, qui raconte qu'à Greystones, « les enfants sont un peu différents ».
Parce qu'ils se comportent « comme des enfants ». Ils jouent dehors, discutent, traînent ensemble, ne sont plus des exceptions. Ils n'ont plus cet argument massue, maintes fois entendu : « mais enfin, je suis le seul de ma classe à ne pas avoir de portable ! ».Je me garderai bien toutefois de vous peindre un tableau idyllique. Dans certains reportages, j'ai aperçu quelques tablettes… une mère de famille promet que leur usage est très contrôlé.Aujourd’hui, d’autres villes d’Irlande tentent de s’inspirer du projet, les politiques s’en emparent, même s’il ne s'agit pas non plus de tourner le dos à l’époque et au « progrès ».Les enfants devenus ados ont droit à leur téléphone. Mais avec le sentiment d'avoir pris le temps d'apprendre à nager. Pour ne plus se noyer dans cet océan numérique.