Parce que le nouveau maire de Saint-Denis prend justement le contrepied de ces stéréotypes identitaires. Parce que lui refuse de se distinguer, et de distinguer ses administrés, par la couleur de peau. “Je n'aime pas le mot ‘racisé'” disait-il ici-même lundi dernier. À rebours du vocabulaire décolonial couramment répandu dans son propre parti.Et il en a donné la preuve, la vraie preuve, lors du rassemblement de samedi, au pied de la basilique des rois et des reines de France, en affirmant ne reconnaitre qu'une seule catégorie de citoyens : “Quand le rabbin Belinow me témoigne ici de sa solidarité, il ne témoigne pas pour Bally Bagayoko, il témoigne pour tous ceux qui sont nos semblables, parce qu'ici, que l'on soit de la communauté juive, que l'on soit musulman, que l'on soit catholique (…) nous sommes la France, nous la revendiquons et nous voulons faire société ensemble.”
“Vous faites la fierté de la France”, a-t-il encore lancé à la foule, avant de conclure le rassemblement par une Marseillaise.Alors tous les discours de samedi n'étaient pas de la même eau, loin de là .Mais dans ce qu'on vient d'entendre, on est aux antipodes des discours de division communautaire qui alimentent la rhétorique identitaire de l'extrême droite. Et dans un esprit d'universalisme républicain, comme celui que la gauche avait construit au début des années 80, avec SOS Racisme. Bally Bagayoko, à qui j'ai posé la question, dit se reconnaitre dans cet idéal.
Voilà de quoi il pourrait être le nom, ou le symbole, s'il voulait bien marquer ses distances avec les dérives racialistes de Jean-Luc Mélenchon : celui d'une promesse universaliste renouvelée et d'une certaine idée de l'intégration.






