From oil to plastic, the impact is spreading. The near-paralysis of the Strait of Hormuz is not only driving up crude prices: it is weakening the entire Asian petrochemical chain. At the forefront, China, heavily reliant on Iranian methanol, is seeing its supplies tighten and costs skyrocket. A discreet yet potentially transformative crisis for its industry.
C’est un produit peu connu du grand public, mais central pour l’industrie chimique. Le méthanol, dérivé du gaz, est aujourd’hui le premier point de tension. L’Iran en est le principal fournisseur hors Chine, couvrant jusqu’à 57% des importations chinoises. Avec des usines à l’arrêt et un détroit d’Ormuz quasiment bloqué, les flux se contractent brutalement. Les prix s’envolent déjà de 8 à 10%, et les stocks chinois – environ 1,45 million de tonnes – pourraient fondre rapidement. À court terme, le risque est clair : si les perturbations durent, certaines usines pourraient réduire ou stopper leur production, faute de matière première.
Plastiques chinois sous pression
En Chine, le méthanol ne sert pas seulement à fabriquer des solvants. Il alimente directement la production de plastiques via le procédé MTO (conversion du méthanol en oléfines). Or, environ 60% de ces usines sont situées sur les côtes et dépendent des importations. Résultat : une double contrainte. D’un côté, des coûts de matières premières en forte hausse. De l’autre, des chaînes logistiques perturbées. Cette tension se répercute sur toute la filière – de la construction à l’automobile – avec des marges qui se compressent et des risques de ralentissement industriel.
Une onde de choc plus large dans la pétrochimie
Au-delà du méthanol, c’est toute la chaîne des dérivés pétroliers qui vacille. Le naphta, le propane ou encore l’éthylène sont également touchés, avec une dépendance massive de l’Asie au Moyen-Orient. Les prix de l’éthylène ont déjà bondi de plus de 60% en Chine depuis fin février, tandis que des unités de production réduisent leur cadence au Japon, en Corée ou en Asie du Sud-Est. Si la crise se prolonge, ce choc pourrait accélérer une recomposition industrielle : diversification des sources, relocalisation partielle, ou montée en puissance d’alternatives comme le charbon ou l’éthane. En toile de fond, une réalité transparaît : derrière le baril de pétrole, c’est toute l’économie du plastique mondial qui vacille.
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