Des dessins animés avec des héros en péril
Diffusé à la télévision française dès 1988, Ken le survivant reste l’exemple ultime : l’univers du dessin animé est post-apocalyptique et l’intrigue est centrée autour de combats sanglants et de corps pulvérisés. Programmé à une heure où les enfants étaient devant la télévision, il aurait aujourd’hui droit à une sacrée controverse. La même année, le Club Dorothée accueillait Les Chevaliers du Zodiaque, un dessin animé ultra populaire où des combats interminables mettaient en scène des adolescents prêts à se sacrifier et à endurer d’énormes souffrances pour protéger Athéna.
Impossible de parler des dessins animés populaires des années 80-90 sans évoquer l’animé Dragon Ball et sa suite Dragon Ball Z. Diffusés dès 1988, leurs combats épiques fascinaient les enfants. Explosions planétaires, morts répétées, allusions sexuelles… Cette série d’animation japonaise ne manquerait probablement pas de faire réagir bien des parents si elle était diffusée aujourd’hui auprès d’un jeune public. À l’instar de Ken le survivant et Les Chevaliers du Zodiaque, les héros affrontent des ennemis terrifiants dès leur plus jeune âge et subissent des blessures et des sacrifices extrêmes.
Cette violence est aussi mêlée à des drames émotionnels intenses, rendant ces dessins animés bien plus sombres que ce que l’on retrouve dans la plupart des dessins animés pour la jeunesse actuels.
Des héros charismatiques et des aventures spectaculaires
Les années 80-90 ont offert des personnages dont le charisme captait immédiatement l’attention. Nicky Larson par exemple, diffusé à partir de 1990 en France, embarquait les spectateurs dans des enquêtes rythmées et des missions explosives, où chaque affrontement était autant un défi qu’une occasion de briller. Dans le même esprit, Albator, le corsaire de l’espace, fascinait avec ses batailles spatiales et ses dilemmes moraux, plongeant les enfants dans des aventures épiques où courage et audace étaient toujours au rendez-vous. Pour autant, avec le recul, ces deux animés étaient très complexes dans l’intrigue et non pensés pour un jeune public.
Ceux qui cultivaient une ambiance sombre
La violence des dessins animés des années 80-90 ne passait pas uniquement par les coups et les explosions. Certains dessins animés installaient surtout une atmosphère lourde, complètement adulte, qui contrastait fortement avec l’idée qu’on se fait d’un programme jeunesse.
Dans la série animée Batman, sortie en 1992, l’esthétique gothique, les ruelles plongées dans l’ombre et les méchants tourmentés donnaient immédiatement une tonalité plus adulte à la série d’animation. On y parle de vengeance, de traumatisme, de folie… Des thématiques rarement abordées aujourd’hui dans des dessins animés destinés aux plus jeunes, ou alors de manière beaucoup plus nuancée. Autre exemple : Ulysse 31. Derrière son côté science-fiction et mythologie, la série baignait dans une mélancolie constante. Héros isolé, équipage figé dans un sommeil éternel, errance dans un univers hostile… L’ambiance y était dense, parfois (beaucoup trop) oppressante.
Et les dessins animé d’aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les codes ont radicalement changé dans les dessins animés destinés aux enfants : la violence est encadrée, les combats sont souvent édulcorés, les thèmes dramatiques sont abordés avec pédagogie, et les héros affrontent les conflits avec plus de dialogues et moins de blessures spectaculaires. Les thématiques sont plus légères, et très souvent centrées sur des valeurs humaines et des leçons de vie accessibles aux enfants.
Pour autant, aujourd’hui, les dessins animés n’ont pas tout bon. De nouvelles études ont montré que les films d’animations modernes ne conviennent (toujours) pas aux enfants, mais pas à cause du contenu, mais plutôt du format : leur rythme d’images serait trop rapide pour les jeunes enfants.





